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Entretien avec Gweltaz Guyomarc'h

Publié le 18 août 2022 Mis à jour le 19 août 2022

[Gweltaz Guyomarc'h a tenu un premier carnet Hypothèses alors qu’il enseignait à l’université de Lille : Didaskalos : Alexandre et la métaphysique aristotélicienne, ouvert à la fin de l’année 2011, est inactif depuis février 2018). Un nouveau carnet, Peripatos : la physique péripatéticienne, de Théophraste à Alexandre, a pris sa suite au début de l'année 2021]

  1. ​​​​​En quelques mots, pouvez-vous vous présenter ?

    Je suis maître de conférences en philosophie ancienne à Lyon 3 depuis 2014. Je travaille principalement sur Aristote et la tradition aristotélicienne dans l’Antiquité. Mes activités scientifiques sont en particulier structurées par un projet de recherche ANR Jeune chercheur, « Peripatos ». C’est un projet financé pour 4 ans, de début 2021 à fin 2024, qui porte sur la science physique telle qu’elle se développe au sein de l’école d’Aristote, chez ceux qu’on appelle les péripatéticiens, dans l’Antiquité.
     
  2. Depuis quand écrivez-vous sur les carnets Hypothèses et quelles sont vos motivations pour cela ?

    J’ai commencé à prendre une part active à un carnet Hypothèses en 2012, dans le cadre d’un précédent projet scientifique, « Didaskalos ». Ce premier carnet avait pour objectif d’accompagner la soumission du projet auprès de l’ANR. L’équipe informelle à laquelle j’appartenais avait déjà entamé ses travaux avant d’apprendre qu’il était possible de bénéficier d’un financement de nos activités via l’ANR. Le carnet dédié était là pour témoigner du travail déjà entamé et soutenir le dépôt du projet. Nous avons obtenu un financement ANR en 2013 et le carnet a continué d’accompagner le projet, même après la fin de son financement en 2017. Les membres de l’équipe Didaskalos venaient d’universités et de laboratoires différents. Le carnet nous permettait ainsi de donner une visibilité à nos travaux sans être dépendants du site institutionnel de tel ou tel laboratoire. Comme je n’étais pas, dans l’équipe, le plus allergique aux outils numériques, j’ai rapidement participé à la rédaction du carnet. Lorsque, quelques années plus tard, j’ai moi-même déposé un projet « Jeune chercheur » auprès de l’ANR, il a été naturel d’entamer un nouveau carnet pour accompagner ce projet.
     
  3. De quelle manière le carnet auquel vous participez est-il un levier de communication avec vos pairs et avec un plus grand public ?

    Le carnet « Peripatos » est le principal levier de communication autour de mon projet ANR. Il se situe à mi-chemin entre le blog et le site informatif et me sert à partager ce que nous faisons avec l’équipe. L’une de nos activités principales consiste en des réunions mensuelles pour sélectionner et traduire des textes des péripatéticiens en physique, en vue de publier une anthologie. Ces réunions ne sont pas ouvertes au public et ne font donc pas l’objet d’une communication. Or il me paraît important de témoigner de ce travail « de l’ombre », non pas seulement à l’égard de l’institution qui nous finance, mais aussi pour nos pairs et ceux de nos collègues intéressés par notre projet. Ce n’est pas parce que nous n’organisons pas chaque mois de grands colloques ou des journées médiatisées que nous ne travaillons pas ! Et puis le carnet sert aussi à présenter le projet, ou à annoncer le recrutement du chercheur postdoctoral rattaché au projet. C’est aussi cela, la « science ouverte » : pas seulement le partage le plus étendu possible des données et des résultats des recherches scientifiques, mais aussi, déjà, le partage de la recherche en train de se faire.
     
  4. Que vous apporte l’écriture sur un carnet Hypothèses, que d’autres canaux de communication ne vous apportent pas ?

    Les carnets Hypothèses offrent d’importants avantages par rapport à d’autres sites ou d’autres canaux de communication : l’adresse du site est pérenne ; le système Wordpress est très souple et facile à prendre en main, on ne dépend pas d’une autre personne pour mettre en ligne le contenu ; enfin, le contenu, justement, est très libre. La présentation du projet, par exemple, n’y est pas contrainte par le gabarit de l’ANR et un certain nombre de caractères. L’annonce d’un colloque peut être enrichie par la mise en ligne des exempliers présentés pendant le colloque, ou de photos.
     
  5. Auriez-vous un conseil à donner à un·e aspirant·e carnetier·e ?

    Il suffit de se lancer ! La prise en main demande un peu de temps — mais un peu seulement. On peut rapidement se concentrer sur l’essentiel, à savoir le contenu. Dans mon domaine, les carnets Hypothèses sont devenus monnaie courante, il y en a de toutes sortes et cette diversité suffit à témoigner de l’intérêt et de l’utilité de l’outil.


    [Figure 1 : Capture d'écran du carnet Peripatos.]

    [Statistiques de consultations des carnets Didaskalos (2012-2018) et Peripatos (2021).]
    Nombre de billets publiés Visiteurs différents Nombre de visite
    2012 4 Pas de chiffres Pas de chiffres
    2013 1 Pas de chiffres Pas de chiffres
    2014 4 204 553
    2015 2 3 168 7 703
    2016 5 4 636 10 441
    2017 3 4 016 13 191
    2018 1 9 633 22 027
    2021 6 959 3 148
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